Mon top 50 : Djemila


Djemila par Jean Guidoni
(
Pierre Philippe – Michel Cywie)


Jean Guidoni par les mots de Pierre Philippe raconte, chante, pleure, hurle une simple histoire, avec des mots qui se contrastent les uns les autres. Les mots forts alternent avec mots crus, mots de tous les jours, pour exprimer au mieux la passion furtive de l’homme pour Djemila, une inconnue pour lui, mais pas pour les autres visiblement. C’est un véritable film qui se déroule à nos oreilles, avec un début, un milieu et une vraie fin : il y a évolution et non pas stagnation, comme souvent. On se demande ce qu’il va se passer, s’il va la retrouver, ou pas ? Et la fin est inattendue.

Quant à la musique (et les arrangements), elle est bien en rapport, par son intensité. Là aussi, il y a alternance entre moment forts et moment doux : violons, batterie, puis le presque silence pour le retour à la réalité.

Du beau travail…

Paroles de Djemila

Dites savez-vous son adresse
Moi je ne veux rien que cela
Qu’elle fige son pas de déesse
Pour m’accorder un regard las
Je voudrais que mon tourment cesse
Et qu’un matin, fille d’Allah
Tu ramasses mon coeur en pièces
Toi qu’on appelle Djemila

Voilà pourquoi chaque matin
Je descends dans ma ruelle
Au coin de la rue Saint-Martin
Espérant voir la belle
J’en vois de toutes les couleurs
Des tas de jouvencelles
Des allemandes en chaleur
Aux cheveux de ficelle
Des flots de nanas sans apprêt
Des féministes en mauve
Qui si vous les lorgnez de près
Vous lancent un regard fauve
Des filles qui vont à Pompidou
Admirer des peintures
Des Hollandaises et des Hindoues
Marchant vers la culture
Des seins ou bien des fesses
Des fois y en a une bien
Mais pas une n’a autant de chien
Que mon enchanteresse

Comment revoir la traîtresse Qui jamais plus ne gravitât
Entre Beaubourg et ma détresse
Vous pouvez voir le résultat
Dites elle a bien une adresse
Ma Salomé ma Dalila
Celle qui mit mon coeur en pièces
Et qu’on appelle Djemila

Enfin hier je l’ai revue
L’étrange Sarrasine
Elle faisait à moitié nue
La une d’un magazine
Il paraît qu’elle est de jet-set
Qu’elle fréquente le « Palace »
Saint-Germain-des-Prés et le « Sept »
Qu’elle adore la Callas
Mais qu’elle voudrait chanter du rock
Dans un groupe de lesbiennes
Qu’elle se sent bien dans une époque
Si antédiluvienne
Ça ne m’a pas vraiment étonné
Ce que disait la lionne
Ç’aurait été trop suranné
Qu’elle fut bien mignonne
Et je me dis: si elle me voit
Bien sûr qu’elle passera outre
Et qu’un pauvre type comme moi
Elle n’en a rien à foutre

Si vous voyez la diablesse
Ne lui parlez pas de tout ça
De l’endroit où le bât me blesse
Ni de mes chaînes de forçat
Vous pouvez garder son adresse
Moi je ne veux rien que cela
Recoller mon coeur en pièces
Et t’oublier Djemila

 


Article écrit le 28 mai 2017
Auteur : Thierry BRAYER, Écrivain, Coach en écriture



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