Quitte-le !


brelNe me quitte pas : cette chanson de Brel de 1959 est sublime par les mots, les phrases, la façon dont l’auteur traite le sujet. Justement, de quel sujet s’agit-il ? L’amour ? Voyons cela :

Dans le premier couplet, le protagoniste, par les mots de Brel, vit mal une supposée rupture, et annonce la couleur : tout peut s’oublier... car sans doute, pour lui rien n’est vraiment grave, tout se corrige. Lui en est convaincu, mais elle ? Le refrain est répétitif, expliqué par l’impuissance de l’homme qui n’a rien d’autre à dire que : ne me quitte pas ! et le répète, à l’envi. Ensuite, au deuxième couplet, l’homme achète la femme : moi je t’offrirai des perles de pluie […] pour couvrir ton corps d’or et de lumière et enfin je ferai un domaine […] où tu seras reine. Certes, la femme va être gâtée, aimée, mais sera-t-elle de nouveau amoureuse ? L’homme est toujours perdu et en manque d’idées : ne me quitte pas ! Les couplets suivants montrent l’insistance de l’homme pour séduire encore la/sa femme  : flatteries et méthode Coué avec on a vu souvent rejaillir le feu de l´ancien volcan qu’on croyait trop vieux. L’homme se convainc que ça va marcher, qu’il faut y croire, qu’il doit y croire ! Enfin, dans le dernier couplet, l’homme est prêt à ne plus exister, ne plus pleurer et devenir une ombre. Il la supplie une dernière fois : ne me quitte pas… et visiblement, ne réussit pas, malgré s’être abaissé comme jamais. Ce qui l’inquiète réellement, ce n’est pas qu’il a perdu sa femme, son amour, mais qu’il va vivre seul !

En clair, cette chanson traite de la lâcheté des hommes, de leurs façons extrêmes de s’humilier et de perdre leur personnalité parce qu’ils ont peur de la solitude, et qu’ils préfèrent reconquérir une terre perdue plutôt que d’aller de l’avant vers d’autres rivages.

Oui, cette chanson est belle, mais non, ce n’est pas une chanson d’amour, c’est tout le contraire.

Alors s’il vous plaît, dénoncez ceux qui la classent parmi les plus belles chansons d’amour, car ce n’est pas le cas, et que ça m’agace : vous leur direz, hein ?


Article écrit le 26 mars 2015
Auteur : Thierry BRAYER, Écrivain, Coach en écriture



4 commentaires
  1. bonjour,
    Je ne suis pas convaincue par tes arguments.
    Bien sûr il y a de la lâcheté mais aussi de l’amour.
    Il veut reconquérir sa partenaire et lui promets de tout faire pour la rendre heureuse même si il s’oublie lui-même. C’est une chanson d’amour.

    • Pourtant, Brel le dit lui-même, que ce n’est absolument pas une chanson d’amour, mais une chanson qui parle de la lâcheté des hommes. C’est jusqu’où un homme peut s’humilier. il ajoute : « Je sais qu’évidemment ça peut faire plaisir aux femmes qui en déduisent, assez rapidement semble-t-il, que c’est une chanson d’amour. Et ça les réconforte ; et je comprends bien ça… ».

  2. Si vous aimez jacques Brel je me permets de vous parler d’un ami « Arnaud ASKOY » (c’est son nom de scène) qui non seulement a un physique qui non seulement se rapproche de celui de Brel mais qui en plus chante très bien.Je n’ai rien a gagner, a vous de juger.
    http://www.arnaudaskoy.fr/

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