Je ne veux pas écouter Pink Martini !


pink Martini

Comment une chanson française (française parce qu’elle contient un texte en français) peut-elle devenir un tube alors que son texte est un charabia sans nom et révèle nombre d’erreurs de syntaxe qui font qu’on ne peut la comprendre ?

Et pourtant, c’est un TUBE, ai-je dit !

Je vous laisse apprécier le texte de la chanson des PINK MARTINI, nommée SYMPATHIQUE (même le titre reste un mystère !), et mes commentaires en rouge :

Ma chambre a la forme d’une cage
Le soleil passe son bras par la fenêtre
Les chasseurs à ma porte comme les petits soldats
Qui veulent me prendre
Et la suite ? Il manque un verbe et sans doute un complément ?
Relisez : les chasseurs à ma porte comme les petits soldats
qui veulent me prendre
… La phrase n’est pas finie, non ?

Je ne veux pas travailler
Je ne veux pas déjeuner
Je veux seulement t’oublier
Et puis je fume…
Non ! et puis fumer  serait correct.

Déjà j’ai connu le parfum de l’amour
Un million de roses n’embaumerait pas autant
Maintenant une seule fleur dans mes entourages
Dans mon entourage, plutôt ?
Me rend malade
Cela ne me parait pas très clair !

Je ne suis pas fière de sa vie qui veut me tuer
De  la vie de qui ? Sa  est un pronom qui ne se rapporte à rien !
et une vie qui veut me tuer ? Admettons…
C’est magnifique être sympathique
Ah ? Sympathique voulant dire : souffrir avec,
je ne vois pas en quoi cela pourrait être magnifique !

Mais je ne le connais jamais
Absurdité ! Et la concordance des temps ?

Bref, c’est ce qu’on appelle du yaourt, du yaourt français écrit par des non francophones qui se moquent de la langue française au point de ne pas l’avoir fait relire avant de la diffuser en France ! Quoique, cela n’aurait servi que la langue française, car la chanson, elle, a « bien marché » sans passer par ce travail supplémentaire, parce que la plupart du temps, nous n’écoutons/lisons pas le texte, ou du moins seulement en partie.

Pink-Martini-Sympathique-Back
Cliquez sur la couverture pour vérifier
Ce qu’il faut aussi noter, c’est que ce texte qu’ils osent signer est en fait largement plagié sur un poème d’Apollinaire nommé Hôtel et qui date du début du XXe siècle : ce n’est pas interdit de s’inspirer d’une œuvre d’un artiste, (Gainsbourg en sait quelque chose) mais sur la couverture de leur CD, il n’est pas fait mention de cet emprunt malhonnête et surtout très mal recopié !

Voici le texte Hôtel d’Apollinaire, dont certaines phrases mieux écrites (!) ont été reprises :

Ma chambre a la forme d’une cage,
Le soleil passe son bras par la fenêtre.
Mais moi qui veux fumer pour faire des mirages,
J’allume au feu du jour ma cigarette,
Je ne veux pas travailler — je veux fumer

Il sera mis en musique par Francis Poulenc en 1940, puis interprété par Régine Crespin en 1969.


Article écrit le 26 mars 2015
Auteur : Thierry BRAYER, Écrivain, Coach en écriture



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